American Girl – évolution des tenues de présentation

Aujourd’hui je vous propose de découvrir en images l’évolution des tenues de présentation des poupées modernes de la gamme actuellement nommée Truly Me (« Vraiment moi » en français).

Depuis 1995, cinq collections et onze tenues différentes se sont succédé, correspondant à l’évolution de la mode enfantine au cours de cette période.

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Mia St. Clair – American Girl – 2008

Mia St. Clair 

Dans la famille de Mia St. Clair, tout le monde est fan de hockey sur glace. Si la jeune Mia est aussi à l’aise que ses frères sur la glace, c’est de patinage artistique dont elle rêve. Aura-t-elle le courage de surmonter les difficultés et d’ignorer les tendres moqueries de ses frères pour accomplir son rêve ?

La poupée Mia St. Clair est une poupée de marque American Girl faisant partie de la collection « Girl of the Year ». Il s’agit de poupées représentant des fillettes actuelles et commercialisées pendant un an seulement.

Mia était donc la fille de l’année 2008. Elle était vendue au prix de 90$. J’ai acheté la mienne d’occasion à l’été 2017. Elle portait encore sa tenue d’origine au complet.

Mia a de longs cheveux roux souples, le teint très clair et des pigasses sur les joues et le nez. Une petite tresse sur le côté droit de son visage dégage son front tout en donnant un peu de peps et d’originalité à sa coiffure.

Lea et Mia, deux « filles de l’année » de chez American Girl

Ses yeux noisettes à reflets verts sont les mêmes que ceux de Lea Clark mais en dehors de ce détail, les deux poupées n’ont pas grand chose à voir. Le moule de leurs visages (« classique » pour Mia et « Josefina » pour Lea), leurs teints, leurs maquillages les rendent très différentes, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus.

Avec son visage rond et son teint clair, Mia a un air plus doux et ingénu que l’espiègle (et parfois effrontée) Lea. Elle a l’air un peu plus jeune aussi ; ne trouvez-vous pas ?

La tenue de présentation de Mia se compose d’un pull à col montant fuchsia orné d’un flocon de neige sur le côté droit et doté de trous pour les pouces, d’une jupe en jersey gris ornée d’une broderie bleue et de sequins roses à la ceinture, d’une paire de collants fins roses, d’une petite culotte bleue ornée d’étoiles et d’une paire de baskets montantes en toile bleu clair.

Mia St. Clair dans sa tenue de présentation complète

J’aime beaucoup cette tenue, moderne et vraiment représentative de l’époque et l’univers de la poupée. Le pull, la jupe épaisse, les collants évoquent sans peine les froides journées d’hiver passées à la patinoire. Les matières sont chaudes et confortables et beaucoup de soin a été apporté aux petits détails. Par exemple, j’adore les trous prévus dans les manches du pull pour passer les pouces de la poupée ou les baskets de toile à semelle crantée.

Quelques détails de la tenue de Mia

De nombreuses autres tenues et accessoires étaient également disponibles tout au long de l’année 2008 pour compléter le trousseau de Mia : patins à glace, tuniques de patinage, maillot de hockey, baladeur numérique (fonctionnant réellement)…

En revanche et à mon grand regret, si deux romans ont été publiés, il n’y a pas eu de film réalisé à son sujet comme cela a pu être le cas pour d’autres « filles de l’année ». Pourtant, j’aurais adoré regarder une histoire de patinage et faire la connaissance de toute la tribu St. Clair « en chair et en os ».

La page officielle consacrée à Mia

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Une (brève) histoire des poupées « American Girl » – Partie 2

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir la suite de l’histoire des poupées « American Girl ». La semaine dernière, nous avons vu les événements marquants des années 1980 et 1990, de la naissance de ces poupées jusqu’au rachat de la société par Mattel. Aujourd’hui, intéressons-nous à deux décennies plus proches de nous…

Les années 2000…

Deux ans après avoir vendu sa société à Mattel, Pleasant Rowland se retire totalement de la direction du groupe qui sera officiellement renommé « American Girl » en 2004.

En 2000, est également lancée une nouvelle gamme : « American Girl Mini’s » . Il s’agit de vitrines miniatures représentant des chambres de poupée aux styles très variés que l’on pouvait acheter complètes ou à composer soi-même à partir de kits d’accessoires.

La décennie 2000 est globalement riche en créations et changements avec tout d’abord le lancement des éphémères poupées de la collection « Girl of the Year » . La première poupée de cette série sort à l’été 2001 et est commercialisée jusqu’en 2002. Elle s’appelle Lindsey Bergman. La poupée suivante sort en 2003 et dès 2005, une nouvelle poupée voit le jour tous les ans. Cette série existe encore aujourd’hui et de futurs articles vous présenteront individuellement chacune de ces poupées.

Les années 2000 voient aussi arriver de nouveaux personnages historiques :

  • en 2000, Kit Kittredge représentant la période de la Grande Dépression et plus particulièrement l’année 1934 est créée. Sa meilleure amie Ruthie Smithens est, quant à elle, commercialisée à partir de 2008 ;
  • en 2002, Kaya’aton’my, membre de la tribu des Nez-Percés fait sont apparition en tant que représentante des premiers habitants du continent américain. La même année, la compagnie lance la collection « Girls of Many Lands » : une série de romans et de poupées folkloriques de collection ;
  • en 2004, Nellie O’Malley vient tenir compagnie à sa meilleure amie Samantha Parkington, l’une des toutes premières poupées créées,
  • deux ans plus tard, en 2006Emily Bennett, jeune anglaise, vient rejoindre son amie Molly McIntire,
  • en 2007, c’est au tour de Julie Albright et de son amie Ivy Ling, fillettes des années 1970,
  • enfin, en 2009, Rebecca Rubin, jeune fille juive issue de la seconde vague d’immigration européenne vers les USA au début du XXème siècle rejoint la collection.
Les trois premiers films créés autour des poupées « American Girl »

On note également la sortie de plusieurs films* mettant en scène les aventures de certaines poupées :

  • en 2004, la Warner Bros propose Samantha : An American Girl Holiday,
  • en 2005, c’est au tour de « Felicity, une jeune fille indépendante » (Felicity : An American Girl Adventure en version originale). C’est l’occasion pour Mattel de créer la poupée Elizabeth Cole, meilleure amie de Felicity. Cette poupée est créée à l’image de l’actrice du film : blonde aux yeux bleus. Toutes les illustrations du personnage sont modifiées en conséquence,
  • en 2006, le film Molly : An American Girl on the Home Front sort simultanément sur Disney Channel et en DVD,
  • en 2008 : « Kit Kittredge, journaliste en herbe » (Kit Kittredge : An American Girl en version originale) sort sur les écrans,
  • en 2009 « Les malheurs de Crissa » (Chrissa Stands Strong en version originale) est diffusé sur HBO et plus tard édité en DVD.

(*les traductions proposées pour les titres de film sont les traductions officielles pour la France d’après IMDB)

D’autres produits sont quant à eux retirés du marché. C’est le cas de :

  • La poupée Felicity Merrimann en 2002, qui sera finalement de nouveau commercialisée dès 2005,
  • les « American Girl Mini’s » en 2003 qui auront eu une vie très courte,
  • la collection « Girls of Many Lands » en 2005,
  • Les poupées Samantha Parkington et Nellie O’Malley en 2009.

Enfin, on peut également noter, au cours de cette décennie, le lancement des « Bitty Twins » en 2003, la création de l’American Girl Club en 2004 (qui ferme ses portes seulement deux ans plus tard, en 2006) et l’ouverture de plusieurs nouvelles boutiques : en 2003,  à New-York, en 2006 à Los Angeles en Californie, en 2007 à Dallas au Texas et Atlanta en Géorgie, et en 2008 à Natick dans le Massachusetts et Minneapolis dans le Minnesota.

Les années 2010…

Au début des années 2010, on note peu de changements majeurs. Les « filles de l’année » continuent de se succéder au rythme d’une nouvelle poupée par an, de nouvelles boutiques ouvrent, certains articles sont retirés de la vente… mais globalement, la marque ne propose aucune réelle innovation par rapport à ce qu’elle faisait avant. On peut imaginer qu’avec les années et l’expérience, les responsables ont trouvé ce qui plaisait vraiment au public et ressentent moins le besoin d’expérimenter dans tous les sens.

Malgré cette absence de faits marquants, résumons tout de même brièvement les événements de cette première moitié de la décennie. Tout d’abord, la marque met très clairement l’accent sur les boutiques qui ouvrent dans de nombreuses villes des Etats-Unis :

  • en 2010, à Denver dans le Colorado et  Kansas City au Kansas,
  • en 2011, à Washington DC et Seattle dans l’Etat de Washington,
  • en 2012, à St. Louis dans le Missouri, Houston au Texas et Miami en Floride,
  • en 2013, à Columbus dans l’Ohio et San Francisco en Californie,
  • en 2014, à Charlotte en Caroline du Nord et Orlando en Floride,
  • en 2015, à Nashville dans le Tennessee et Scottsdale en Arizona.

La marque ouvre également des points de vente physiques au Canada en 2014 : à Toronto et Ottawa dans l’Ontario, ainsi qu’à Vancouver en Colombie Britannique.

En outre, à côté de ces boutiques permanentes, plusieurs boutiques éphémères ouvrent leurs portes un peu partout (et même à Hawaï en 2014-2015). Le but est alors de faire une étude de marché grandeur nature.

Par ailleurs, de nouveaux personnages historiques (Historical Characters en version originale, renommés BeForever en 2014) continuent de voir le jour :

  • l’année 2011 voit arriver Mari-Grace Gardner et Cécile Rey deux fillettes qui vivent à la Nouvelle-Orléans dans les années 1850,
  • en 2014, la poupée Samantha Parkington et son univers sont réédités,
  • en 2015, c’est au tour de Maryellen Larkin de faire son entrée. Elle représente les années 1950,
  • en 2016, Melody Ellison voit le jour. Fan de musique, elle représente les années 1960, et la lutte contre la ségrégation,
  • en 2017, la poupée Felicity Merriman, précédemment archivée est rééditée pour la troisième fois avec une toute nouvelle tenue de présentation. Une autre poupée historique est mise sur le marché la même année : Nanea Mitchell, fillette vivant à Hawaï au moment du bombardement de Pearl Harbor
  • en 2018, la réédition de la mythique Molly McIntire est annoncée pour la fin de l’année. Mais pour la première fois, la poupée ne sera pas directement vendue par la marque. Il s’agit d’un modèle produit en exclusivité pour Costco, une chaîne de magasins pratiquant des prix bas grâce aux très forts volumes commercialisés et fonctionnant par adhésion préalable, (d’ailleurs implantée depuis peu en France).
Les Wellie Wishers, nouveauté American Girl de l’année 2016

En 2016, la marque lance une nouvelle gamme de poupées tout en vinyle destinées à un public plus jeune : les Wellie Wishers tandis que les Bitty Twins font leurs adieux au public.

Le retrait de certains articles (la marque parle d' »archivage ») se poursuit avec :

  • en 2010, Kirsten Larson
  • en 2011, Felicity Merriman (2ème version) et Elizabeth Cole,
  • en 2014, Molly McIntire, Emily BennettCécile Rey, Marie-grace Gardner, Ivy Ling et Ruthie Smithens suite à l’arrêt de la collection « Best Friends « ,
  • en 2016, Caroline Abbott.

Enfin, les DVDs des films tournés les années précédentes sont réédités en version collector (en 2011), tandis que quatre nouveaux films* sont diffusés:

  • en 2012, c’est la poupée « fille de l’année » qui est à l’honneur dans le film « Graine de championne » (McKenna shoots for the stars en version originale) sorti en DVD puis à la télévision sur la chaîne NBC,
  • en 2013, le film « Les couleurs de l’amitié » (Saige Paints the Sky en version originale) sort en DVD puis à la télévision sur la chaîne NBC,
  • en 2014, « Une ballerine dans la lumière » (Isabelle dances into the spotlight en version originale) sort en DVD puis sur Disney Channel,
  • en 2015, c’est au tour de Grace Stirs Up Success.
  • enfin, en 2016 Lea to the rescue sort en DVD et Blu-Ray.

(* les traductions proposées pour les titres de film sont les traductions officielles pour la France d’après IMDB).

A partir de 2017, un nouvel élan est donné à la marque. Annonces et nouveautés se succèdent à un rythme effréné, soulevant presque à chaque fois polémiques et controverses en tous genres.

Quelques nouveautés American Girl de la fin des années 2010

Début 2017, une nouvelle gamme est lancée, les « Contemporary Dolls« . Il s’agit de poupées actuelles ayant leur propres histoires mais qui diffèrent des poupées « Girl of the Year » par deux aspect : leur commercialisation, bien qu’éphémère ne colle pas à l’année civile et ces poupées ne représentent plus des fillettes de 8-10 ans mais des ados de 12-13 ans. C’est ainsi que la musicienne Tenney Grant et son ami Logan Everett voient le jour avant de quitter les rayons un an plus tard. Leurs mains, différentes de celles des autres poupées ont été conçues pour pouvoir tenir les divers instruments de musique qui font partie de leur collection.

Le public les réclamait depuis des années, certaines fans allant jusqu’à re-perruquer leurs poupées : des poupées garçons voient enfin le jour à partir de Noël 2017. Il s’agit tout d’abord de Logan Everett, ami de Tenney Grant, comme nous venons de le voir. Puis quelques mois plus tard, 4 autres garçons sont commercialisés au sein de la gamme Truly Me. Cependant, aucun nouveau moule n’a été dessiné. C’est le moule à bouche fermé initialement créé pour la poupée Kaya légèrement modifié qui est utilisé.

C’est à ce moment là que les fortes polémiques commencent. Certains ont vu dans ce choix une forme de racisme : si le moule de Kaya a été choisi c’est que les designers de la marque estiment qu’elle (et donc les Native Americans dans leur ensemble) a des traits plus masculins que les autres poupées. Ce choix serait aussi une forme de mépris envers sa culture (Kaya ferme la bouche car il est tabou chez les Nez-Percés de montrer ses dents).

La seconde poupée contemporaine à voir le jour en 2017 est Z Yang. Une ado geek qui réalise des films en stop-motion. Elle est également archivée en 2018.

Côté nouveautés, on note aussi en 2017 l’apparition de poupées sans cheveux « Dolls without hair« . Disponibles depuis longtemps sur commande, ces poupées font désormais partie de la collection permanente de la marque et sont directement disponibles sur le site de la marque et en boutiques. La marque a toujours souhaité représenter les petites américaines, toutes les petites américaines, dans leur diversité. Ainsi que ce soit suite à un traitement médicamenteux ou à cause d’une alopécie congénitale, les fillettes ayant perdu leur cheveux peuvent avoir une poupée qui leur ressemble vraiment.

Toujours la même année, la gamme « Create your Own » pousse la personnalisation et l’identification encore plus loin puisqu’il est désormais possible de concevoir sa poupée des pieds à la tête directement en ligne avant de la faire fabriquer sur commande. Comptez-un délai de trois semaine pour la production de cette poupée sur mesure.

J’évoquais en début de section les nombreuses polémiques suscitées par les dernières décisions commerciales de la marque. En voici quelques unes parmi les plus marquantes.

En 2017, toujours, American Girl décide de modifier le corps en toile de ses poupées pour y coudre les culottes qui font donc désormais partie intégrante de la poupée. L’argument avancé était que ce sous-vêtement est compliqué à enfiler pour les plus jeunes et par conséquent souvent perdu. La levée de bouclier a été immédiate et totale à tel point qu’au bout de quelques semaines, la marque a dû faire machine arrière. Les lots produits ont été commercialisés mais la production de ces nouveaux corps a immédiatement cessé. Ces poupées sont aujourd’hui de véritables collectors.

Les détracteurs les plus engagés estimaient que ce changement allait perturber le jeu des enfants : la poupée ne pourrait plus se déshabiller complètement avant de faire sa toilette et serait condamner à porter la même petite culotte jour après jour ! Ils ont également avancé l’argument que cette modification était juste une stratégie financière menée par la marque : en modifiant ainsi le corps de base à la licence déposée par Götz, Mattel n’aurait plus à payer de royalties à la marque allemande.

Il a également été reproché à la marque de ne pas assez représenter la diversité ethnique et culturelle de la population américaine. Si l’on trouve des poupées noires parmi les personnages historiques ou au sein de la gamme « Truly Me », les héroïnes ordinaires du quotidien des fillettes modernes sont bien trop blanches et blondes pour de nombreux critiques. Un communiqué de presse est sorti pour rassurer le public, deux poupées « Girl of the Year » issues de la diversité ont été commercialisées mais la polémique refait régulièrement surface. On peut par exemple lire que moins de soin leur serait apporté par la marque qui les commercialiserait uniquement pour calmer les critiques.

Enfin, en 2017 (quelle année riche en annonces et nouveautés !) American Girl annonce qu’une sélection des ses produits serait désormais disponible dans un certain nombre de boutiques Toys’r’us du continent américain. A cette occasion, de nouvelles boîtes vitrines sont également utilisées pour les poupées. Certains ont vu dans ce changement de packaging accompagné d’un partenariat avec le géant du jouet de grande distribution comme une trahison, un signe de baisse de qualité. La marque a d’ailleurs très vite renoncé à ses nouvelles boîtes.

Que nous réserve American Girl pour cette année et les décennies à venir ? Je n’ai aucun moyen de le prédire mais je ne manquerai pas de vous tenir informés.

Source : Wikia.

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Une (brève) histoire des poupées « American Girl » – Partie 1

Pendant deux semaines, je vous propose de découvrir l’histoire d’une grande marque de poupées américaines : les poupées American Girl. Cette semaine, nous nous plongeons dans les années 1980-1990…

Les années 1980…

Tout commence en 1984, lorsque Pleasant Rowland visite l’écomusée « Colonial Williamsburg« , en Virginie, qui retrace la vie quotidienne d’une ville américaine à l’époque coloniale.

Les visiteurs déambulent au milieu d’authentiques bâtiments historiques, tandis que des guides en costume perpétuent devant eux des gestes et traditions du passé.

Cette visite marque énormément l’institutrice Pleasant Rowland qui est très étonnée de l’absence d’ouvrages pour enfants à la boutique du musée.

Elle se dit alors que les petites filles américaines seraient sans doute beaucoup plus intéressées par l’histoire de leur pays, si on leur racontait au travers d’ouvrages spécialement conçues pour elles, autour de personnages auxquels elles pourraient facilement s’identifier.

Le Noël suivant, Pleasant Rowland cherche des poupées à offrir à ses jeunes nièces de 8 et 10 ans mais rien de ce qu’elle trouve dans les magasin ne la satisfait. La plupart des poupées alors vendues étaient des mannequins de type Barbie représentant des jeunes femmes adultes ou alors des personnages humoristiques peu réalistes (et pas du tout à son goût) comme les Cabbage Patch Kids. Aucune poupée alors vendue en magasin n’était réellement à l’image des petites filles à qui elles étaient destinées.

C’est de ce double constat qu’en 1986, naissent les premières poupées « American Girl », à Middleton dans le Wisconsin. D’abord fabriquées par Götz en Allemagne, leur production connait par la suite plusieurs délocalisations. Ces premières poupées ont un corps articulé en tissu blanc et sont commercialisées sous la marque Pleasant Company. Elles représentent des fillettes de 10 ans et sont destinées aux enfants de 8 à 12 ans.

Cette première année, trois poupées représentant trois époques et trois épisodes de l’histoire américaine voient le jour :

  • Kirsten Larson fille de pionniers suédois établis dans le Minnesota en 1844,
  • Samantha Parkington orpheline new-yorkaise élevée par sa riche grand-mère en 1904,
  • et Molly McIntire, petite fille de l’Illinois en 1944, pendant la Seconde Guerre Mondiale.

A ce moment-là, les poupées sont exclusivement vendues par correspondance à un panel d’acheteurs ciblés. Chaque poupée est livrée avec son trousseau historiquement conforme ainsi que trois romans relatant ses aventures. Dans ces romans Pleasant Rowland n’hésite pas à aborder des thèmes tels que l’esclavage, le travail des enfants, la pauvreté…

En 1988, il est désormais possible de commander des tenues pour fillettes à l’image des tenues portées par les poupées et en 1989, divers projets de travaux manuels autour des poupées sont lancés (patrons de couture et idées de bricolages).

Les années 1990…

En 1990, Pleasant Rowland crée un poupon représentant un nouveau-né non sexué, au corps en tissu comme les American Girl, mais non articulé. Il s’appelle « Our New Baby« . Pour l’habiller, diverses tenues sont vendues en version fille et en version garçon pour s’adapter au choix de chaque enfant. Ce poupon est accompagné d’un petit livre éducatif censé aider les plus jeunes à s’habituer à l’arrivée d’un nouveau bébé dans la famille. En 1995, il est renommé « Bitty Baby« .

Au cours de la décennie, plusieurs autres poupées historiques voient également le jour :

  • en 1991Felicity Merriman représentant l’année 1774 et la période de la Révolution américaine. A partir de cette date, le corps des poupées est désormais en tissu couleur chair, afin de s’adapter à des tenues plus décolletées.
  • en 1993Addy Walker, une jeune esclave courageuse en 1864,
  • et en 1997 Josefina Montoya, habitante du Nouveau-Mexique en 1824, avant que ce territoire ne devienne un Etat américain.

En 1992, les poupées confiées à l’hôpital pour réparation sont renvoyées chez elles en chemise d’hôpital et accompagnées de petits souvenirs de leur séjour. La même année voit le lancement de l’American Girl Magazine, une revue bimensuelle à destination des fillettes de 8 à 12 ans.

En 1995, une nouvelle collection voit le jour : « American Girl of Today« . Cette collection va régulièrement changer de nom au fil des ans : « American Girl Today » en 1998, « Just Like You » en 2006, « My American Girl » en 2010 et enfin « Truly Me » depuis 2015.

Enfin, dès 1998, il est possible de commander les poupées en ligne sur le site internet de la compagnie, lancé l’année d’avant tandis qu’une première boutique physique ouvre à Chicago dans l’Illinois. La même année, Pleasant Rowland revend sa société au géant du jouet Mattel (qui avait d’ailleurs racheté Corolle quelques années plus tôt).

Histoire à suivre…

Sources : Wikia, Par amour des poupées, How we got started.

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Mickey et Minnie – Mattel – 1989

En 1989, Mattel a utilisé les célèbres souris de Walt Disney pour apprendre aux tout petits à lacer leurs chaussures, utiliser une fermeture-éclair et bien d’autres choses encore.

A la maison, c’est Mickey qui occupait cette fonction.

Mickey – Photo : collection privée

Il a été beaucoup câliné, trop peut-être, alors son nez et ses oreilles sont usés.

Les stigmates de câlins répétés – Photo : collection privée

Depuis une petite vingtaine d’années, Mickey est à la retraite, bien au chaud dans son landau de poupée.

Mais depuis quelque temps déjà il s’ennuyait un peu.

Tout récemment, en mars dernier, au festival européen de la poupée à Salon-de-Provence, sur le stand de Remise en jeu, un atelier de jouet solidaire à Eguilles (13) et Vitrolles (13), Minnie nous attendait, toute belle, dans sa petite robe rose.

Minnie – Photo : collection particulière

Et c’est ainsi qu’elle a été adoptée pour tenir compagnie à Mickey.

Enfin réunis - Photo collection paticulière
Enfin réunis – Photo : collection particulière

Mickey et Minnie sont en jersey bourré ; leurs têtes sont en vinyle. Ils mesurent 45 cm.

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Retour de salon à Salon

Aujourd’hui se tenait à Salon de Provence, le festival européen de la poupée.

Il me semble que cette année, les stands étaient moins richement garnis que ceux de l’année dernière.

J’y ai toutefois fait une belle récolte de Clodrey et autres jolies poupées. J’ai aussi acheté trois catalogues Corolle qui n’apparaissent pas sur la photo.

Un butin varié. Photo : collection particulière

Je vous présenterai individuellement chacune de ces trouvailles au cours des prochaines semaines.

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La trouvaille inattendue

Fatiguée, déprimée par le temps maussade et sans projets pour le week-end, j’ai décidé sur un coup de tête de prendre le train jusqu’à Escalquens pour aller faire un tour chez Emmaüs.

Hier, quelle ne fut pas ma surprise quand jetée au fond d’un petit lit, je suis tombée sur une poupée à l’allure et aux proportions familières…

Felicity, tout juste arrivée dans sa nouvelle maison. Collection particulière

A ma plus grande stupéfaction, il s’agissait bien d’une poupée American Girl ! Au fin fond d’une boutique Emmaüs d’une petite ville du Sud de la France. Comment était-elle arrivée là, je n’en avais pas la moindre idée mais il était hors de question que je reparte sans elle !

J’ai rapidement vérifié dans quel état elle était pour vérifier l’absence de défauts majeurs comme un membre rongé ou des traces de feutre avant de demander son prix au Monsieur qui tient le stand : 3€ !

J’ai bien remarqué que ses cheveux semblent irrécupérables mais je n’avais vraiment pas le cœur à la laisser dans son coin. C’était une découverte tellement inattendue que je me suis sentie moralement obligée de sauver la demoiselle !

Felicity, avant son départ pour l’ « hôpital ». Collection particulière

Une fois rentrée chez moi, il était temps de faire un état des lieux :

  • les membres son très-très poussiéreux mais rien qu’un bon coup de gomme magique ne saurait effacer ;
  • les jambes sont complètement détendues mais je sais comment changer les élastiques ;
  • la tête n’est pas correctement fixée mais ça ne sera rien de la remettre proprement en place en même temps que les jambes.

Jusque là, rien de bien inquiétant.

Les cheveux, en revanche, c’est une autre affaire. On voit bien, même attachés, qu’ils ont en piteux état, endommagés par de trop nombreux brossages… Une fois l’élastique retiré, c’est pire : des mèches ont été clairement coupées, d’autres sont tombées… Bref, il faudra à terme changer la perruque de la demoiselle et ça ne sera pas forcément simple à trouver.

Je remarque au passages, deux autres petits défauts permanents mais qui à mon sens ne justifient pas pour autant un changement de la tête complète :

  • la demoiselle a le bout du nez légèrement râpé : elle a du faire une mauvaise chute ;
  • et sa paupière gauche présente une petite rayure, totalement invisible lorsqu’elle a les yeux ouverts.

Un gros chantier m’attend donc mais ça ne me fait pas peur : je restaure des poupées depuis plusieurs années maintenant et c’est quelque chose que je maîtrise et qui me plaît.

Felicity à sa sortie de l’ « hôpital ». Collection particulière

Ainsi, après une soirée passée à nettoyer, shampouiner, ébouillanter, démonter, ré-élastiquer, remonter, et coiffer, je vous présente Mademoiselle Felicity Merriman, période 2005-2011.

Elle a temporairement emprunté une robe à Kit Kittredge et des chaussures Our Generation mais devrait rapidement retrouver sa tenue d’origine.

Felicity Merriman. Collection particulière

Evidemment, je n’ai pas pu faire de miracle pour ses cheveux. Si j’ai pu lisser et discipliner un peu les longueurs, aucun moyen de réparer les mèches coupées ou arrachées.

Je suis malgré tout ravie de cette trouvaille et je me sens déjà très attachée à cette poupée à l’histoire un peu particulière.

Felicity Merriman. Collection particulière

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Les Caroline – Gégé – De 1957 à 1976

Plusieurs poupées Gégé ont reçu le prénom de Caroline. Ce sont toujours des poupées de très grande qualité.

La première est celle qui a été offerte à la princesse de Monaco pour sa naissance. Il s’agit d’un modèle unique créé spécialement pour l’occasion.

Mais les plus connues de toutes sont sans doute les poupées à fonction.

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Mes Caroline, de la plus ancienne à la plus récente

La première est apparue au catalogue en 1962. Elle ne marche pas mais parle grâce à un système sous licence Mattel. La poupée avait une tirette dans le dos et un haut parleur sur le ventre et lorsque la petite fille actionnait la tirette, la poupée pouvait prononcer plusieurs phrases. Le système avait été mis au point par Matell pour Chatty Cathy. La première Daisy de Clodrey ainsi qu’une poupée allemande de marque Schildkrött fonctionnaient de la même manière.

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La première Caroline Gégé à fonction 

Cette poupée est marquée dans la nuque : Gégé 2 PL et dans le dos : 2 A made in France.

Elle mesure 60 cm, a des yeux dormeurs bleus, de longs cheveux implantés gris avec des mèches plus claires. Ses sourcils sont classiques.

Sa tête est en plastisol, ses membres en polyethylène et son corps en polystyrène. Tête et membres sont élastiqués au corps.

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Caroline Gégé de 1962 

Caroline est vêtue d’origine ; sa coiffure a été reconstituée à l’identique.

En 1963, la même poupée figure au catalogue mais dans une autre tenue.

De 1964 à 1966, Caroline change de tête ; elle prend le moule BC3 mais conserve le même mécanisme parleur. Elle ne marche toujours pas.

Cette poupée ne fait pas encore partie de ma collection !!

A partir de 1967, Caroline parle, chante et marche grâce à un système électrique breveté Gégé. Elle est chaque année l’une des vedettes du catalogue, et ce jusqu’à la fin, en 1976.

Au cours de ces dix années, elle a changé plusieurs fois de tête, le mécanisme a évolué et les paroles prononcées ont changé elles aussi, mais la poupée reste globalement la même.

Il semblerait que, les années de transition, les deux modèles (l’ancien et le nouveau) coexistaient.

Voici tout d’abord Caroline de 1967 vendue jusqu’en 1970.

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Le modèle apparu en 1967 

Cette Caroline est marquée dans la nuque : Gégé BD3M et dans le dos Gégé breveté.

Elle mesure 59 cm. Sa tête et ses bras en plastisol sont emboîtés à son corps en polyethylène ; ses jambes en polystyrène peint sont vissées.

Ses longs cheveux en clorène sont implantés et ses yeux sont dormeurs. Ses sourcils sont classiques.

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Le même modèle en brune

Ces deux demoiselles ont perdu leurs tenues d’origine et portent des vêtements d’époque en attendant de retrouver les leurs et leurs chaussures montantes, très utiles pour bien marcher.

Voici leur soeur blonde, récemment adoptée, en tenue d’origine, datée de 1970 grâce aux catalogues de jouets.

Caroline, modèle de 1967, dans sa tenue de 1970 

Leurs deux systèmes électriques, le parleur et le marcheur, étaient indépendants. Les poupées ne pouvaient pas parler et marcher simultanément.

Les deux premières peuvent encore marcher mais ne parlent plus, la troisième en revanche marche et parle .

Elle dit :« Je m’appelle Caroline. Regarde comme je marche bien. Je sais aussi chanter. » et chante « au clair de la lune ».

Les trois suivantes ont gardé toutes leurs capacités d’antan.

Voici tout d’abord deux Caroline apparues au catalogue en 1969 ou 1970 et qui y sont restées jusqu’en 1971.

 

Caroline a changé de visage ; elle porte désormais le moule de tête Gégé BF 32  inscrit dans la nuque; elle est marquée dans le dos Gégé breveté Co2. Ses cheveux sont plus soyeux.

Sinon Caroline est tout à fait semblable à sa soeur aînée.

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Ensemble

Ces deux jeunes-filles ne sont pas non plus vêtues d’origine. Toutefois celle de droite a conservé ses chaussures.

Celle de gauche porte un ensemble pantalon d’époque, et celle de droite un pantalon Gégé et une veste d’une autre Caroline dont je vous dirai quelques mots à la fin de ce billet.

Toutes deux marchent, parlent et chantent encore très bien. Comme leurs soeurs aînées, elles disent : « Je m’appelle Caroline. Regarde comme je marche bien. Je sais aussi chanter. » et chantent « au clair de la lune ».

Et voici maintenant ma petite dernière, celle dont le moule de tête a vraisemblablement été utilisé de 1972 jusqu’au dernier catalogue de la marque, paru en 1976.

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Un visage plus moderne

Cette dernière Caroline porte le moule de tête CP2LM et est marquée dans le dos CO2.

Ses yeux bleus dormeurs sont modernes (ils permettent de dater la poupée présentée ci-dessus de 1976) de même que ses sourcils dessinés de trois traits (les poupées Gégé ont ces sourcils depuis 1971-72).

Cette dernière Caroline est un tout petit peu plus grande que ses soeurs aînées ; elle mesure 60 cm.

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La dernière Caroline 

A la différence de ses aînées, elle pouvait parler ou chanter tout en marchant grâce à un système électrique entièrement renouvelé. Elle dit : « je suis Caroline, ta poupée chérie. Je suis belle avec mes longs cheveux soyeux, viens avec moi, je te chanterai une chanson » et chante : « il était une bergère ».

Comme les précédentes, sa tête et ses bras en vinyle sont emboîtés dans son corps en polyethylène ; ses jambes en polystyrène peint sont vissées.

Le costume que porte la demoiselle ci-dessus lui va très bien ; il pourrait s’agir de sa tenue d’origine mais aucune griffe ni étiquette ne me permet de l’affirmer. En 1976, au catalogue Manufrance, Caroline portait un pantalon à pattes d’éléphant avec pull à col roulé intégré et par dessus un débardeur assorti à un bonnet à pompon.

Pour terminer, je vous dirai juste un mot d’une autre Caroline. Cette poupée est seulement parlante. Vêtue comme l’héroïne des albums de Pierre Probst (dont la veste jaune portée à tort par ma Caroline de 1969-71 ci-dessus), elle racontait des histoires grâce à des disques interchangeables et sur sa boîte figurait le logo de l’ORTF. Je ne peux malheureusement pas vous en dire plus car cette poupée n’a pas encore croisé mon chemin.

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Gwen – Hopscotch Hill School – 2004

Je vous présente aujourd’hui ma dernière acquisition sur ebay. Cette poupée me faisait de l’œil depuis pas mal de temps mais j’ai attendu que son prix baisse un peu avant de craquer.

Il s’agit de Gwen, l’une des poupées American Girl de la gamme Hopscotch Hill School, commercialisée de 2003 à 2006. Il s’agit de poupées à perruque de 16″ (42cm), possédant 9 points d’articulation. Toutes les poupées de cette gamme ont les yeux peints. Elles étaient destinées aux fillettes de 4 à 6 ans.

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